9 février 2008

C'est la journée idéale pour réaliser ses rêves.

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Santé : invitation à un bar ouvert!

Par Renart L'éveillé | 9 février 2008

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Ça fait longtemps, comme mon ami Jimmy St-Gelais, que je crois que « Ces dernières années, les libéraux ont délibérément négligé des investissements en santé pour laisser se détériorer le réseau et permettre ainsi l’utilisation de ressources privées. » Mais j’irais même plus loin, l’aile droite du PQ a sciemment installé les germes de la pourriture dans le système de santé, alors que son parti était au pouvoir sous la main de fer de Lucien Bouchard : on a qu’à se rappeler la mise à la retraite de plus de 5000 infirmières et médecins.

Comment nommer autrement que par le terme pourriture cette succession de faux pas de nos gouvernements? Cela ressemble beaucoup à l’orchestration d’un beau plan pour faire passer la pilule de la privatisation de la santé. Et ça marche! J’entends le Québec applaudir et siffler devant le contentement de notre Couillard bon-enfant!

Le pire, c’est que parfois je me dis que les boomers, qui ont bien profité du système, bien profité tout court, bien fumé, bien bu, avec une belle insouciance que je ne peux pas leur reprocher — je sais bien que je n’aurais pas fait bien bien mieux, car nous sommes assurément les enfants de notre époque —, peuvent bien payer de leur poche pour les contrecoups de cette enflure d’existence. Par contre, je ne peux certainement pas regarder le problème sous cet angle, puisque cela viendrait contredire ce en quoi je crois : l’universalité et la qualité égalitaire des soins de santé. L’humanité est un tout avant tout.

Je ne veux pas penser en terme individuel, et je le pourrais très bien, car je suis en très bonne santé. Je pourrais donc me dire : à quoi bon payer pour un service que je n’utilise pas! Je ne veux pas vivre dans une société qui pense majoritairement comme ça. Et en plus c’est en partie égoïste puisque je sais qu’une société plus en santé globalement, donc plus heureuse, avec un système de santé fonctionnel pour tout et chacun, représente moins de risque pour ma personne, au final. On n’a qu’à penser aux gens dans la rue avec des problèmes psychologiques. Ce n’est pas très logique.

Avoir un filet social solide est payant pour tout le monde, mais on a mis les ciseaux dedans pour qu’il dysfonctionne, afin de laisser les rapaces du privé, en sauveur, venir gruger dans ce qu’il nous reste de solidarité. C’est tellement clair, tellement limpide, mais on n’y voit que du feu. La dégringolade du système public s’accentuera de plus en plus si nous ne mettons pas notre pied avant que la porte ne se referme. Et le problème de la santé n’est que la pointe de l’iceberg.

(Photo : christing-O-)

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9 commentaires à “Santé : invitation à un bar ouvert!”


  1. comment_image

    Merci de te référer à mon billet Renart.

    Tu as raison en disant que le PQ avec Bouchard, ce néo-libéral de service, a débuté le travail que Charest a terminé.

    Ce petit démago arriviste à tout fait pour miner le système de santé publique au nom de l’équilibre budgétaire (qu’on aurait pu atteindre autrement) et maintenant le réseau est sous-financé et attaqué par les barbares mercantiles qui veulent s’en mettre plein les poches avec la santé des personnes.

    Il dira sûrement une fois la privatisation accomplie: vous voulez vous payer des soins de santé? Alors travaillez!


  2. comment_image

    Bon, encore un complot de la méchante droite!

    Moi, je remercie Bouchard d’avoir fait cesser les déficits astronomiques. C’est pas mal facile, après coup, de dire qu’il a fait une erreur en encourageant le départ de tant d’infirmières. Mais ça demeure une erreur que lui-même reconnait.

    Il est à mon avis fort simpliste de voir dans cette décision un agenda caché visant à moyen terme la privatisation du système de santé. Bouchard n’a peut-être aucun préjugé quand à un rôle du privé en santé, mais ça ne veut pas dire qu’il était un pantin machiavélique à la solde du Grand Capital! Je ne peux être d’accord avec le cynisme prêtant de telles intentions à un chef d’État qui se voulait responsable envers les générations futures. Le Québec connaissait un sérieux déséquilibre budgétaire qui faisait qu’année après année, on pelletait en avant les dettes sur les générations futures. Bouchard a demandé à Rochon de couper dans le plus grand poste de dépense de l’État afin d’atteindre l’équilibre budgétaire. Son équipe et lui ont mis au point un formule de retraite anticipée qui a été plus populaire que prévue chez les infirmières.

    Ce fut une des mesures pour atteindre le déficit zéro. Elle touchait d’autres personnes que les jeunes et elle touche actuellement les babyboomers, pas les X, ni les Y. Les jeunes, quant à eux, se sont fait imposer un peu partout à l’époque des conditions de travail différentes de leurs aînés. Ce fut la prolifération clauses orphelins.

    À un moment donné, c’est bien beau défendre un idéologie, mais si pour le faire il faut distortionner les faits à ce point, on devient aussi pire que ceux qu’on dénonce. Dire que Bouchard a fait cela pour mieux privatiser le système ensuite, c’est digne de la démagogie populiste adéquiste. Et ça serait Bouchard le démago? Come on!

    P.S. Je suis contre la privatisation du système de santé. Il m’apparaît évident que dans le contexte actuel de pénurie de main d’oeuvre dans le domaine, toute ouverture d’une institution privée drainerait des ressources hors du système public. Et je ne suis pas contre la privatisation seulement à cause des circonstances: si ce n’était que de moi, les médecins seraient des employés de l’État obligés de marcher au pas. Ils devraient rendre plus de comptes, se contenter d’un salaire moindre, mais ils auraient aussi des horaires plus humains.


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    Bon Martin, je te suggère de jeter un coup d’oeil à notre dette publique actuelle, pour que tu puisse constater que les mesures de Bouchard furent un coup d’épée dans l’eau, et le déficit zéro, vaguement plus qu’une opération de camouflage comptable.

    Mais pour l’agenda caché, je crois que tu n’es pas loin de la vérité. Je suis pas un fan de Bouchard, loin de là, mais voir un plan pour désagréger le système de santé, c’est de céder un peu à la paranoia.

    Les raisons qui expliquent le merdissime état de notre système de Santé sont pourtant simple, on veux avoir le gros kit, mais on ne s’en donne pas les moyens. On veut un système performant, universel, etc, mais on est pas près a en payer le prix. Saviez vous que per capita, le Québec est l’État/province en Amérique du Nord qui investi le moins en santé? Celui qui passe la plus petite partie de son budget en Santé… Et tout ça en étant parmis les plus imposés…

    Sans compter que notre système de santé est mal foutu à la base, je sais pas si vous avez eut affaire avec un médecin avec un problème moyennement grave(chiant, mais qui met pas votre vie en Danger), mais on dirait qu’ils jouent au Ping Pong a se renvoyer la balle entre spécialistes et omnipraticiens, et pour cause, chaque fois qu’ils se renvoient la balle, ils encaissent! Pourquoi un radiologiste vous ferait passer un simple rayon X pour diagnostiquer un problème quelquonque, quand ça lui rapporte que 50$ alors qu’un scan lui en rapporte 300$? C’est un peu comme les listes d’attentes, c’est principalement du gros foutage de gueule, les spécialistes vous racontent des pipes en vous disants qu’ils ont pas de place avant 6 mois ou 2 ans? La vérité, c’est que son agenda de rendez-vous du mois prochain est encore vierge!

    C’est pas du privé qu’on a besoin en santé, mais un titanesque coup de pied au cul!


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    M. L’Éveillé,
    La vérité a ses droits.
    En 1970, les taux d’intérêts jouaient autour de 7%.
    En 1973, crise du pétrole ( non provoquée par les boomers )les taux augmentent autour de 9%.
    En 1974, bond à 11%.
    Au début des années 1980, les taux augmentent à 13%, puis à 17, puis à 20, puis à 23% dans le but de controler uniquement la surchauffe de l’économie située principalement dans les provinces à l’ouest du Québec.

    C’est la Banque du Canada, une institution privée qui avait et a toujours le controle sur les taux d’intérêts et non les baby-boomers.

    Pendant ce temps,le gouvernement du Québec subissait la crise provoquée par la crise du pétrole et par celle des taux d’intérêts pataugant dans un cercle vicieux infernal d’endettements des ménages et de faillites des entreprises.

    Pour en rajouter, le gouvernement fédéral commenca à couper dans les transferts sous Mulroney pour atteindre des sommets sous Chrétien et Martin.

    Les pressions sur le gouvernement du Québec:
    Les assistés sociaux au Québec étaient de 675,000 en 1992, plus de 750,000 en 1994 ( le PQ prend le pouvoir en septembre 1994 ) augmente jusqu’à 816,000 vers 1996 et baisse tranquillement à 560,000 en 2002. Ce nombre a ensuite décliné, pour s’établir à 544 000 en avril 2003, AVANT l’arrivée du gouvernement du premier ministre Jean Charest. Et à 505 000 personnes en 2006, derniers chiffres disponibles.


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    Martin Beaudin-Lecours, je assez d’accord avec vous. Il n’y a aucun complot derrière tout ceci, mais un enchaînement banal d’événements sans liens entre eux. M. Bouchard a eu tort de faire tant de mises à la retraite dans le système de santé. Toutefois, je suis loin d’adhérer à la thèse du complot disant que tout ceci menait sciemment à la privatisation. Disons plutôt que les libéraux, arrivés devant un système de santé en piteux état, n’ont pas beaucoup le choix.

    La privatisation très partielle du système de santé peut prendre deux tangentes. La première consisterait à maintenir ce système hybride à travers le temps et l’autre, à procéder à son remplacement progressif par un principe plus efficace. Je ne cacherai pas avoir une préférence pour la seconde option, malgré mes affiliations politiques (comme vous pourrez le voir sur mon blogue en cliquant sur mon nom). À l’heure actuelle, je vois peu d’autres solutions que nous aurions pu apporter à notre système de santé pour régler ses nombreux problèmes en attendant que plus de médecins se présentent dans les hôpitaux. Toutefois, fondamentalement, je crois au principe de l’universalité des soins. Je crois donc que le privé dans la santé doit demeurer une mesure temporaire qui nous laisse le temps de souffler en étudiant les systèmes de santé d’ailleurs, notamment en Europe, qui sont publics dans plusieurs cas et fonctionnent mieux. Alors seulement, nous pourrons réviser en profondeur la santé au Québec et mettre en place un régime réellement efficace.

    Je suis de centre-gauche, mais je répète que je ne crois pas aux complots droitistes. Il faudrait pour cela qu’une droite radicale arrive au pouvoir au Québec, ce qui n’a pas été le cas et ne l’est toujours pas.


  6. comment_image

    @Kraman: je sais que le “déficit zéro” n’est pas vraiment un déficit zéro. C’est pourquoi j’ai écrit que je remerciait Bouchard “d’avoir fait cesser les déficits astronomiques.” Ça n’a pas été qu’une opération comptable quand même! Et le but n’était pas de régler la dette, mais de cesser de la faire augmenter autant à chaque année.

    Je sais que la dette demeure faramineuse. Et je suis d’accord qu’il ne faut pas chercher à la régler en totalité, que ce qui compte le plus c’est le rapport dette/PIB qu’il faut garder à un taux raisonnable.

    La dette augmente encore, la proportion du budget payée au service de la dette demeure très élevée, les babyboomers vieillissent, requérant plus de services de santé, et en même temps on découvre que nos écoles n’ont pas de livres, nos routes sont en piteux état, les hôpitaux et les universités ont leurs propres dettes, alors on fait quoi?


  7. comment_image

    Si vous avez bien lu mon texte, je soulève seulement des questionnements. Et vous y avez bien répondu d’ailleurs, merci! Je respecte bien sûr vos points de vue.

    Mais je base surtout ma pensée sur l’idée de l’« acte manqué ». Et je ne crois pas que les politiciens en soient à l’abri.

    Pensez-vous vraiment qu’un politicien qui désire la privatisation intrinsèquement va tout faire pour que le système public fonctionne?


  8. Default LCA Avatar Image

    Le problème du système de santé s’inscrit dans une problèeme d’une administration publique qui doit répondre à de plus en plus de besoin avec de moins en moins de ressources. Le problème n’est pas seulement en santé, l’éducation et les routes sont aussi des tracas financiers pour le gouvernement. Le filet social dévellopé dans les années 60 ne s’est pas adapté à l’évolution de la société québecoise (vieillissement de la population) combiné à une approche curative plutôt que préventive (on résompense la maladie au lieu de récompansé la santé)
    Que cela soit un premier ministre libéral, adéquiste ou péquiste la marge de manoeuvre est très mince et elle s’amincit d’année en année. Malheureusement nos politiciens Québecois ont tendance à trouver des solutions dans le court terme plutôt que le moyen ou long terme, la santé est un parfait exemple. Le privé c’est la solution facile adoptée par tous mais qui ne règlera qu’une mince partie de problème je ne crois pas à un complot mais plutôt à la recherche d’une solution facile sans avoir vraiment regardé à toutes les avenues possibles.


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    Un petit commnetaire amical pour dire que ce blog est tres beau ! j’aprecie de e lire Renart :)

Commentaires

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