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Lock-out méprisant à Québec
Par Louis | 23 avril 2007
Le lock-out au Journal de Québec démontre une fois de plus le peu de respect pour les médias de masse (ici Quebecor) pour leurs employés et leurs lecteurs. À leurs yeux, les journalistes ne sont que des gens qui apportent du contenu pour attirer les lecteurs, qui eux consommeront les vrais produits: la publicité. Le but, c’est évidemment de faire de l’argent.
Et le Journal de Québec en fait. Et Quebecor aussi. Et Pier-Karl Péladeau nage littéralement dans l’argent.
Il y a quelque chose de profondément pathétique dans cette espèce de vindicte populaire consistant à blâmer les journalistes, à suivre tranquillement la petite rhétorique simpliste de Luc Lavoie, vice-président de Quebecor, qui a divulgué les salaires de journalistes au réseau LCN (autre propriété de Quebecor).
On entend des gens se fâcher, dire que ça n’a aucun sens que des journalistes soient payés 80 000$ par année, qu’ils ne travaillent pas assez, qu’ils sont gâtés… Mais ces mêmes personnes, comment font-elles pour être si durs à l’égard de ceux qui écrivent leurs nouvelles tout en ignorant volontairement ceux qui se remplissent les poches?
En effet, comment oublier les profits de Quebecor; comment oublier que le Journal de Québec est le plus lu de la région?
Ce sont les nouveaux habits du capitalisme; désormais on ne veut plus entendre parler de redistribution de la richesse. « Tout le monde au salaire minimum et 40 heures par semaine, et ça presse! » Devant une détérioration progressive des conditions de travail depuis une quinzaine d’années, la jalousie et le mépris sont en train de remplacer la solidarité. Au lieu de pointer les vrais coupables, ceux qui font des millions et refusent de les partager, on préfère se trouver un bouc-émissaire facile, le travailleur qui se tient debout et espère de se faire respecter.
C’était la même chose avec Olymel. Quelqu’un va-t-il encore croire Quebecor et ses créatures lorsque ceux-ci feront semblants d’être impartiaux lorsqu’une situation semblable se reproduira? Quelle crédibilité a l’entreprise désormais qu’elle s’est montrée sous son vrai jour?
Face au mépris de la direction, à l’indifférence et à la jalousie d’une certaine droite, le plus bel espoir vient de ces pressiers, qui, par solidarité, devraient déclencher la grève cet après-midi en soutien aux journalistes.
Car des compromis et des concessions de la part des employés, personne n’est contre quand la situation est difficile. Mais quand une entreprise fait de l’argent comme de l’eau et est la première de son marché, elle se doit au contraire de redistribuer cette richesse au lieu d’être avare et de s’en prendre aux honnêtes travailleurs.
Des travailleurs sans qui cette richesse n’existerait pas.
14 commentaires à “Lock-out méprisant à Québec”


(4.75 sur 5)
23 avril 2007 à 11:02
J’ai lu quelques uns de vos articles et je dois dire qu’en tant que progressiste, j’ai été généralement agréablement surprise par la qualité et l’honnêteté des articles de ce site…
Quant à l’article que je me permets de commenter, je n’ai qu’une chose à dire : le nivellement vers le bas … La jalousie est devenue une vertue, on dirait.
Ceci dit, vous trouverez toujours de bonnes gens, comme mon cousin, pour dire que les PDG de compagnie méritent tout à fait les salaires cent fois plus élevés que ceux de leurs employés, parce qu’ils sont des “carriéristes”, qu’ils ne font “rien d’autre”, qu’ils n’ont sûrement “pas de femme”, pas de “loisir” et que franchement, ils pensent vraiment plus que la moyenne des gens. Eh oui, les ouvriers sont persuadés qu’ils ne méritent rien, que ceux qui travaillent autant qu’eux ne méritent rien et que les “penseurs capitalistes” ont le droit de se donner des bonus, des millions voire même des milliards parce que c’est eux, après tout, qui leur donne le salaire minimum, ou, pour de rares chanceux, un salaire décent.
Mon cousin ne comprend pas le principe de redistribution des richesses. Il est normal, pour lui, que les employés gagnent peu, que ceux qui ne travaillent pas ne gagnent rien… Un salaire, ça se mérite. Bien sûr.
Sauf que je ne vois pas en quoi être journaliste, ouvrier, secrétaire ou professeur est moins important que d’être “patron”… Parce qu’un patron a beau être le meilleur du monde, écraser tous ses concurrents et faire des profits monstrueux, il ne peut tout de même pas y arriver sans ceux, en-dessous de lui, qui le soutiennent et font en sorte que sa compagnie - aussi petite soit-elle - tienne le coup.
Je souhaite bonne chance aux journalistes. Malheureusement, je crois que les salaires annoncés font en sorte que beaucoup de gens ne soutiendront aucunement leur cause. Étrange que, lors des élections, la majorité dise que les chiffres de l’ADQ n’ont aucune importance…et que dans d’autres circonstances, les chiffres prennent une importance démesurée.
Je tiens à m’excuser si mon commentaire est légèrement incompréhensible ou hors sujet, je l’ai écrit rapidement et j’ai du mal à réfléchir posément quand il s’agit d’un sujet qui me révolte autant.
23 avril 2007 à 11:47
Décidément Émilie vous visez juste, ceux-là même qui utilise les chiffres à leur profit, les nient lorsqu’ils désaventage leur point de vue.
Il y a décidément des choses qu’il faut écrire comme disait l’autre.
23 avril 2007 à 2:23
Comme je l’ai déjà dit ailleurs, PKP a vraiment l’air d’un petit garçon qui ne veut pas partager le carré de sable. La photo est probante. J’avais dit ça en rapport à l’histoire du fond canadien de télévision mais je trouve que ça continue de s’appliquer…
Si vous voulez savoir ce que je pense de cet homme, allez voir ce petit texte là : http://blog.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendID=111140365&blogID=226742432&MyToken=e3788e99-63b7-44af-834a-6367febf34c7
Ou là:
http://www.latribuduverbe.com/archives/2007/02/les_fetichistes_de_laccumulati_1.html
Je ne peux rien dire de plus pour l’instant sans répéter les propos de Louis. À suivre…
23 avril 2007 à 5:00
Merci beaucoup pour le commentaire positif et très intéressant Émilie. Merci aussi à François et Renart pour votre participation!

23 avril 2007 à 6:41
Non vraiment, plus je le regarde plus j’ai le fou rire, Méchante façe ce Pierre Karl, je voudrais pas voir ça en façe de moi pendant une entrevue…
23 avril 2007 à 7:51
Un tel mépris des patrons doit être malsain, ce n’est pas possible.
Pourquoi cette hargne contre des gens qui en font vivre des milliers d’autres? Pourquoi cette haine aveugle contre des individus sur qui pèse le poids de décisions que vous ne pouvez même pas imaginer? Pourquoi ce désir incroyable de mettre tous les riches et puissants dans des camps pour les exterminer?
Vous êtes petits, tous, petits. Depuis que vous êtes tous jeunes, on vous inculque l’in-désir, L’in-compétitivité et, surtout, la méfiance de l’argent.
Vous est-il même passé par l’esprit qu’ils pourraient être des êtres humains, normaux? Vous est-il même passé par la tête que vous êtes des actionnaires, par défaut (votre gouvernement, votre syndicat, vos parents sont tous susceptibles d’acheter des actions, pour votre plus grand bien-être personnel)?
Rien n’est donc relatif pour vous? Les bons et les méchants, c’est tout?
Pfff….
23 avril 2007 à 10:58
Avec cette histoire de lock-out au Journal de Québec, j’avoue qu’il est facile de critiquer PKP et c’est vrai que les critiques contre cet homme peuvent paraître simplistes parfois. C’est comme si c’était obligatoire de chialer contre lui parce qu’il est riche et puissant. Je dirais à ceux-là d’étayer un peu plus leurs arguments, car oui, il est possible de critiquer cet homme pour d’autres raisons qu’une haine viscérale et quasi génétique, même si je la ressens parfois (comme certains d’entre vous la ressentent sûrement pour moi…) pour ceux qui n’ont qu’une philosophie centrée sur leur profit à court terme. Par exemple, son père, ayant étudié en philosophie, justement, me paraissait plus humain.
Et ce n’est pas tant la haine des patrons. Moi, par exemple, les miens sont vraiment humains et respectueux envers les employés — ce sont en plus des amis que j’ai rencontré pendant mes études : la preuve que je ne suis pas extrémiste comme certains peuvent le penser. Surtout, le plus important, ils n’ont pas un quasi-monopole et le moyen de faire de la convergence comme Quebecor. Ils font parti des PME. Et j’y repense, le pire, c’est qu’ils pourraient commencer à en faire un peu de convergence, car ils possèdent quelques bars et viennent de lancer un label de disque et de sortir un album avec un artiste. Ils pourraient très bien me faire de la pression, mais je n’ai même pas reçu de leur part de disque de cet artiste alors que je suis DJ pour eux… Et moi-même, je ne suis même pas capable de profiter du fait que je suis DJ pour faire de la promotion pour mes propres chansons quand je travaille. Bien des gens me disent que je devrais, mais je ne me sentirais pas à l’aise de le faire si je n’ai pas fait un petit bout de chemin de mon côté, comme avec les nouveaux artistes qui parviennent à mes oreilles, d’une manière ou d’une autre. Et, je ne suis pas très opportuniste, car je me tire dans le pied en partant, étant artiste, en critiquant le média le plus puissant de la sorte, mais je m’en fous : en plus, ça me surprendrait beaucoup que Quebecor m’approche un jour, je ne cadre pas trop avec leur philosophie, au départ…
Pour revenir au sujet principal, un autre exemple emblématique de la doctrine de PKP : je me suis retrouvé par hasard sur le blogue de Dominic Arpin (employé de cette oligarchie médiatique) dernièrement et, à un de ses sujets, j’ai voulu écrire un petit mot pour diriger les gens intéressés vers mon blogue, où j’ai écrit un commentaire sur le même sujet (J’ai un secret pour vous). Quand j’ai appuyé sur « Envoyer », j’ai vu un petit message du genre apparaitre : « Erreur. Vous ne pouvez pas insérer d’adresse ou de code HTML ». Un peu déçu et outré par cette interdiction qui dénature à mon avis le concept même du blogue, j’ai envoyé un message directement au blogueur pour lui expliquer mon point : que je trouvais assez bizarre que son blogue ne permette pas ça comme pratiquement tous les autres blogues, surtout qu’il discute du web et des découvertes qu’il y fait.
Quelques minutes plus tard, je recevais une réponse de sa part. Il me donnait tout à fait raison : il faisait de la pression auprès des instances supérieures pour que ça change. Ça m’a surpris, étant donné que personnellement, je l’avoue, j’ai un préjugé défavorable envers tout le monde qui gravite autour de Quebecor. C’est que je ne vois pas la culture comme eux, je trouve qu’ils la travestissent la plupart du temps vers du divertissement complaisant, consensuel, fade et sans goût distinct. Oui, je sais, les goûts ne sont pas à discuter…
Je peux me mettre dans la peau de cet homme et je suis certain que son désir le plus cher est que toute la culture au Québec, et ensuite le monde, passe entre ses mains pour que tout goûte un peu le PKP. Ça va pas mal à l’encontre de l’idée derrière la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Pour la totalité des travailleurs de l’industrie culturelle, n’y a’-il pas une différence entre travailler pour Quebecor et travailler pour pleins de petites compagnies? La différence réside dans les produits culturels qui en résultent, étant donné le nombre plus ou moins élevé des décideurs, c’est-à-dire sur quels poulains tout l’argent disponible des Québécois ira et qui influencera les achats.
Je crois que n’importe qui a trop de pouvoir est susceptible de se comporter en dictateur : c’est la nature humaine paraitrait-il! De le défendre en clamant qu’il fait travailler des gens est simpliste : les gens travailleraient quand même si le pouvoir était séparé en plus de mains.
Je suis un mal nécessaire, comme tous ceux qui rejettent cet état de fait. C’est sain pour une société d’avoir des éléments discordants. Et le pire, je peux très bien chialer, car je paye chaque mois mon tribut au roi Peladeau, deuxième du nom.
24 avril 2007 à 1:00
“Pourquoi cette hargne contre des gens qui en font vivre des milliers d’autres? Pourquoi cette haine aveugle contre des individus sur qui pèse le poids de décisions que vous ne pouvez même pas imaginer? Pourquoi ce désir incroyable de mettre tous les riches et puissants dans des camps pour les exterminer? ”
Mmmh… “faire vivre” des milliers d’autres personnes? Personnellement, je ne crois pas. Il ne faut pas oublier que ce millier de personnes fait aussi vivre le patron. C’est une forme de symbiose, et non une forme de supériorité. Sauf que parfois, certains patrons ignorent cette logique symbiotique et se disent que le patron n’est pas remplaçable, mais que l’individu seul dans la masse, lui, l’est amplement.
Je ne suis pas contre PKP, quoique je dois avouer que je n’appuie pas sa vision d’uniformisation des communications. Je crois que cela porte atteinte à la culture.
Je me suis rendu compte de cela en parlant avec une jolie amie française il y a pas longtemps quand elle m’a demandé ce qu’était Québécor…
“Québécor est une entreprise qui possède la chaîne de télévision la plus populaire au Québec, ainsi que des chaînes secondaires (comme Argent, etc.), plusieurs journaux qui figurent parmi les plus lus de la province (dont un gratuit, ainsi que le JdM et le JdQ), un service de cablo-distribution, de téléphonie (par cable et par satellite), un fournisseur d’accès internet et qui possède la sélection du Reader’s Digest.
Mais à la base, Québécor, c’est une maison d’édition.”
Je ne sais pas, mais simplement en disant cette dernière phrase, j’étais assis et je suis quand même tombé sul cul. À la base, Québécor, c’est rien qu’une maison d’édition…
Si Québécor agissait de façon responsable en ne mettant pas ses employés en lock-out pour rien, ça ne me dérangerait pas. Les lock-outs ont été fait comme mesure de dernier recour (comme les grèves d’ailleurs), mais ça en devient ridicule.
Selon l’article de Louis, Quebecor a mis en lock-out les employés de Vidéotron, le JdM et le JdQ dans les quelques dernières années (et je me rappelle que le lock-out de Vidéotron s’était étalé sur un an). Ça, c’est un patron qui saigne ses employés pour les forcer à accepter ses offres. Ce n’est pas une haine injustifiée envers PKP ou un préjugé, c’est une opinion basée simplement sur des faits. D’ailleurs, Pierre-Karl a fait certaines choses de bien, mais le traitement des employés de Quebecor, à mon avis, laisse à désirer…
24 avril 2007 à 8:42
Bonjour à vous,
Habituellement, j’ai tendance à critiquer les Syndicats. Mais dans ce dossier, où la convergence est prédominante.
Je dis qu’il faut faire le maximum pour que Québécor mange ses bas!
Je déteste plus Québécor avec ces revues de matante et sa Télé Vision Assommante, que n’importe quels groupes syndicaux !
TVA c’est la télé des abruties!
24 avril 2007 à 10:35
” TVA c’est la télé des abruties!”
Bref, c’est la télé des gens d’ici!
25 avril 2007 à 12:48
Comme le Journal de Montréal est le journal le plus lu au Québec… c’est le journal des gens d’ici…
Bref, je vais émigrer ^^
10 mars 2008 à 1:53
c ke dla marde ctesti de site la les boys .. eille mas jsui daccord ke ces le francais….aller faire mettre les anglais tbnk
21 mars 2008 à 5:05
Espn Tournament Challenge
23 mai 2008 à 8:53
Praying For Time